Il existe toute une vague de suppléments alimentaires appelés « boosters ». Au-delà de leur nom explosif, radioactif, de malédiction ou encore de dieu de la guerre, ces compléments sont plus ou moins sensés vous booster comme leur nom l’indique, en vous donnant un coup de fouet pour vos entrainements. Faisons le point !

AVANT TOUT: Demandez l’avis de votre médecin avant d’en consommer et tenez-vous aux indications inscrites sur votre supplément alimentaire. Cet article ne fait en aucun cas la promotion sur un quelconque produit ou utilisation.

 

I – Qu’est-ce qu’un « Booster »?

 

Ce sont généralement des poudres à mélanger avec de l’eau, des boissons ou encore des comprimés. Ils renferment une substance active sensée vous apporter un plus.

Plus de vigilance, plus de tonus, moins de fatigue, plus de force, d’excitation… Vous l’aurez compris, ce sont principalement des stimulants.

C’est là tout son paradoxe: cela va donner un coup de fouet. Donc ce sont des substances actives. D’où les questions suivantes:

-Est-il bon de jouer avec de tels produits?
-Y a-t-il un risque d’accoutumance et de dépendance?
-Est-ce que cet effet n’est-il pas une épée de Damoclès prête à mettre ma santé en péril?
-Ces substances sont-elles légales?
-Quels sont les effets secondaires?

C’est ici que tout devient flou. Des dizaines de compléments ont été retirés du marché de la nutrition sportive pour être composés de substances désormais interdites à la vente, à l’instar de l’éphédrine, et parfois même prohormones. Faites attention à ceux que vous allez utiliser et vérifiez bien leur composition et/ou autorisations.

Cependant, ces cas demeurent rares, et la plupart de ceux qui sont autorisés sur le sol français ont pour ingrédient actif ni plus ni moins: la caféine.

 

II – Quels sont les effets d’un « booster »:

 

Les boosters légaux et autorisés sur le sol français sont majoritairement composés d’extraits de thé, guarana, et caféine. D’où leurs effets proches de cette dernière:

– Diminution de la sensation de fatigue.
– Augmentation de l’attention, concentration et de la vigilance.
– Meilleure fonction respiratoire (oxygénation des muscles).
– Plus grand apport sanguin vers les muscles (vasodilatation).
– Meilleure contractilité des muscles.
– Mobilisation des graisses.

Pour faire clair, après prise d’un « booster » à dose adaptée, l’utilisateur se sent plus d’attaque, est plus endurant, plus concentré.

Les boosters font effet surtout au niveau du système nerveux central. Pour faire simple: c’est votre cerveau et vos nerfs.

Mais tout n’est pas si simple.

Les effets secondaires sont redoutables si vous prenez une dose non adaptée. Selon votre poids, votre consommation de stimulants (café, tabac…), votre sensibilité personnelle, votre forme, votre sexe, etc… votre réaction va varier.

En cas de surdose, ils se traduisent généralement par des maux de tête, nausées, tremblements, difficultés à se concentrer, flot de pensées trop rapide, difficultés d’élocution claire, agitation, énervement, anxiété, insomnie, palpitations, sueurs froides…

Mais bien souvent, un simple mot de tête vous avertira que vous avez dosé trop fort. Pour vous en assurer, ne dépassez JAMAIS les doses indiquées.

En effet, la concentration est bien souvent très élevée, parfois l’équivalent de 2 ou 3 cafés, en une seule prise, et accompagnée d’autres substances synergiques.

Mais si les doses sont respectées, vous n’aurez que peu de chances de croiser ses désagréments.

Pour cela, un conseil: Commencez doucement. Peut être ne prendrez-vous qu’un quart de dose à la première séance, puis une moitié à la seconde, etc… jusqu’à monter à une dose complète.

Cela vous permettra de prendre conscience de ce que vous prenez, et de jauger de ce qui vous convient. N’hésitez pas à réduire votre prise en cas d’effets indésirables.

 

III – Le contre-coup !

 

En effet, si les effets secondaires sont effectivement très faibles à dose et fréquence adaptée à la personne, le contre-coup est bien présent.

En temps normal, votre corps libère naturellement des excitants (adrénaline, hormone du stress etc…) durant l’effort afin de se mettre dans les meilleures conditions pour y faire face.

Lors de la prise d’un stimulant, vous portez artificiellement votre corps dans un état d’excitation supérieur.

Après l’arrêt de l’effort, votre corps recherche à retrouver son état « normal » et donc à se mettre dans une phase de récupération.

Or, si vous avez consommé un excitant, les substances stimulantes feront encore effet bien longtemps après la discontinuation de votre séance. Au lieu de vous sentir apaisé, serein et calme, vous serez encore tout excité, parfois plusieurs heures après.

La caféine, par exemple, fait effet plus de 3 heures après sa prise. Par exemple, nous connaissons tous quelqu’un qui ne peut pas fermer l’oeil de la nuit après avoir pris un café à 16 heures. Un bon moment s’est pourtant écoulé entre l’heure de la prise, et celle du coucher (voir de l’endormissement final) !

Le souci est donc de retarder la récupération de votre système nerveux, qui a déjà été largement sollicité et épuisé par la séance, peut être même plus en musculation que dans aucun autre sport.

De plus, quand on se sent « bien » dans sa séance, il est très facile d’en faire trop sur le coup de l’excitation (une série / un exercice de plus, plus lourde que d’habitude, ou autre…).

Ce pourquoi, abuser de ce type de suppléments, peut conduire plus rapidement au surentrainement.

A force de sur-solliciter votre corps, vous augmentez davantage vos délais de récupération, qui s’amenuisent par la longue durée d’action du booster.

Je recommande donc d’utiliser un booster sous deux conditions:

– Le consommer un jour de forme, voire de grande forme.
– Garder son utilisation occasionnelle.

Le petit 1 est évident par rapport à ce que nous venons de voir: si vous consommez un booster dans l’espoir de vous stimuler un jour de grande fatigue, vous irez droit dans le mur.

En effet, si vous êtes déjà fatigué à la base, les effets positifs se feront bien plus discrets, voire inexistants. Et le fait de sur-stimuler votre système nerveux aura des répercussions bien plus importantes sur votre récupération.

En d’autres termes: si vous êtes fatigués, c’est que vous êtes déjà trop stimulés.

Pourquoi vous pousser dans vos dernières limites pour un résultat médiocre, alors que vous pouvez simplement prendre un ou deux jours de repos et revenir dans une forme olympique?

A contrario, un jour de grande forme, prendre un booster pourra augmenter considérablement l’efficacité de votre séance, voire vous donner accès à de nouveaux records personnels. De plus, vous serez moins fatigué après son utilisation puisque votre corps est frais.

Le petit 2 est lui aussi évident. Votre corps va développer une tolérance si vous en prenez trop souvent.

Tout comme le 1er café de votre vie vous a peut être excité comme une puce, mais qu’à présent vous pouvez en boire à longueur de journée sans ne rien ressentir, il en est de même. Plus vous en utiliserez souvent, moins vous aurez d’effet.

Les consommateurs de café ou tabac réguliers, risquent d’ailleurs d’être bien moins sensibles, voire ne ressentir qu’un léger sursaut 10 minutes, après une prise. Tout simplement car leur corps est déjà accoutumé à ces substances.

Veillez donc à ne pas en abuser. Une prise un jour de grande forme, un jour par semaine, ou encore une semaine sur 2 ou 3 est largement suffisant.

A vous de me donner votre position sur les boosters d’entrainement. N’hésitez pas à poster votre avis en commentaire !